Publié dans Ptitdeuz, Vie de fiston, Vie de maman en construction

Confinement, cette période si particulière

A ma grande surprise (une surprise qui fait plaisir) j’ai reçu en cette fin avril plusieurs messages de lectrices demandant de mes nouvelles. En effet, pour celles qui ne sont pas sur Instagram, les dernières nouvelles remontent au mois de mars. Alors un petit article racontage de vie, pour rassurer, mais aussi pour se souvenir toujours de cette période toute pourrite :). Même si malheureusement on aura pas besoin de ça pour bien se remémorer.

Un rôle de grand frère plus complexe

Fiston est toujours dingue de son frère, c’est un fait. Il est très rare qu’il exprime un sentiment négatif directement envers lui. Pourtant, forcément, avec le confinement, ces sentiments existent et sont exacerbés, tournés contre ses référents…ses parents. Depuis la naissance de Ptitdeuz, nous faisions en sorte d’avoir régulièrement des moments privilégiés chacun avec fiston, moi comme son père. Cela était rendu possible par l’école, mais aussi par les grands-parents qui le chouchoutaient aussi régulièrement, lui faisant sentir que certaines choses subsistaient. De plus, quand il rentrait de l’école, je m’efforçais de m’occuper vraiment de lui et pas que de son frère. Je faisais donc beaucoup de choses en amont pour permettre cela à partir de 16h30.

Avec le confinement, fiston s’est rendu compte à quel point un bébé demandait de l’attention et s’est évidemment senti exclu, jaloux. Oui nous gardons tour à tour des moments seuls avec lui pour jouer ou l’écouter, mais il y a toujours des pleurs derrière la porte, des choses à faire, d’autant plus que le chéri continue de bosser et que je me retrouver donc à ces moments-là seule avec les deux.

Mon hypersensible

Je ne sais pas si, comme moi, il est un vrai hypersensible. Mais sensible tout court, il l’est. Les deux premières semaines du confinement étaient supers, il était ravis d’être à la maison, se sentait en vacances. Sauf qu’après 2 semaines sans vraie sortie, sans grands-parents, sans ses indispensables copains, il a bien senti que ce n’était pas les vacances habituelles. On a utilisé les ressources trouvées pour lui expliquer la situation sans l’effrayer. Il a compris, certes, mais justement ça l’a angoissé. Il s’est mis dès lors à parler de la mort, à angoisser sur sa propre disparition. A faire des cauchemars. En temps normal j’ai le réflexe « livre » et je fonce en librairie. Là évidemment impossible. J’ai trouvé quelques livres « lus » en vidéo mais apparemment ça ne fait pas le même effet que le livre qu’on lit tranquillement au pied du lit le soir…

Cela pourrait sembler évidemment pas très grave, se dire que ça passera vite. Mais je sais qu’il ne faut pas prendre ce genre de réaction à la légère. A son âge j’ai développé une vraie phobie au feu à cause d’une bêtise d’un voisin, ça a duré très longtemps. Je préparais même mon sac tous les soirs au cas où nous devrions partir en vitesse à cause d’un départ de feu…

Pour fiston, son comportement a changé. Il est plus facilement agressif, énervé, triste, voire violent. On sait combien les rituels sont importants pour les enfants…lui qui voit ses grands-parents parfois toutes les semaines, qui va souvent à la piscine, au parc, voit ses copains, fait des activités en extérieur tous les jours, ça l’a complètement chamboulé. J’ai évidemment tout fait pour l’écouter, l’aider, mais souvent seule avec lui et son frère, gérer ses (énoooormes) colères, son besoin d’attention et ses peurs est très complexe. On a fait des visios avec un copain d’école, sur le coup ça a aidé mais au final je crois que ça l’a rendu + triste qu’autre chose. Et ce n’est pas prêt d’être fini…

Et les adultes ?

Déjà en temps normal on a chacun besoin de temps pour soi, c’est comme ça on ne se refait pas. Quand on a décidé de faire un deuxième enfant, on s’était dit qu’il faudrait absolument chacun se préserver des moments seuls, ce qu’on faisait très bien avant le confinement (et généralement je lis aussi la même chose ici et là, de ces gens qui disent qu’il faut se préserver des moments si on en a besoin, mais en ce moment apparemment on ne devrait plus avoir ce besoin, pouf disparu le besoin), je dirais même que la situation depuis l’arrivée de Ptitdeuz était presque idyllique. Là c’est juste impossible et j’ose le dire, c’est très dur (et je sais ô combien on a « pas le droit » de dire ça en ce moment sur les réseaux sociaux sans être traités de mauvais parents qui veulent pas passer du temps avec leurs enfants. Je sais pas vous mais perso je savais pas en faisant mes enfants qu’un jour je pourrais même pas les emmener au parc pour qu’ils se défoulent. Sinon il est possible qu’on aurait déjà réalisé notre souhait de partir en province pour avoir une maison !).

Je vais être claire, à certains moments j’ai eu peur, j’ai repensé à ma dépression d’il y a 3 ans. Les cris, les hurlements, ce manque constant de solitude, l’angoisse même du Covid (que mes parents ont eu tous les deux, donc plusieurs semaines à bien flipper pour eux…et la peur de le choper avec le chéri qui bosse et côtoie beaucoup de monde avec son taff), l’ambivalence des sentiments. Bref je ne vais pas épiloguer là-dessus, comme je l’ai déjà dis sur Insta, les réseaux sont très intolérants en ce moment et voudraient apparemment qu’on ne montre que les supers activités qu’on fait pour les enfants, le pain maison, qu’on dise que c’est que du bonheur d’être à la maison H24 (ou que, à l’inverse, on ne montre pas nos moments de bonheur ou notre jardin pour ceux qui en ont un, bref il faudrait arrêter de poster en clair. J’espère que chez ces gens ça ne crie jamais et qu’ils sont toujours sereins :D). Ben non désolée. J’ai choisi un congé parental pour pouvoir profiter de mes enfants en les emmenant au parc, en invitant des amis le week-end, en allant à la piscine, dans la maison de campagne de ma grand-mère (la vie quoi)…pas en passant nos journées dans notre appart à subir les angoisses des uns et des autres. Heureusement d’ailleurs que je suis en congé parental sinon ça aurait été bien la merde, d’autant plus que le télétravail aurait été impossible.

Il y aurait des sujets à développer au sujet du confinement, et en même temps je n’en ai pas l’envie…et pas le temps. C’est la première fois depuis des semaines que je réussi à publier un article car même le soir le grand se réveille sans cesse, et on essaye de décompresser avec le chéri (merci Disney+, ouai j’aime bien être un mouton ça me plaît). J’aurais pu écrire la nuit certes, mais le sommeil et le sport (que j’ai commencé assidûment pour échapper 1h par jour aux cris quand le chéri est là) sont les éléments qui m’aident à tenir. Et les câlins, les bisous. Cette complicité de mes petits amours me rend si heureuse, mais tout ça me rendra encore plus heureuse quand ils pourront voir autre chose que les murs de notre appartement…

Plein de bisous et de courage à tous, et merci.

Maman en Chantier

6 commentaires sur « Confinement, cette période si particulière »

  1. Ce confinement est resenti différemment selon les personnes, famille ou célibataire, avec jardin ou en studio. Pour ma part j’ai un bel appartement avec vue sur une rue piétonne habituellement très fréquentée, mais là peu de passage bien sur.

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  2. Zut message parti tout seul. J’imagine combien ça doit être difficile avec des jeunes enfants il faut les rassurer, je ‘y pensais pas. Toutes les habitudes perdues font peur et c’est pas fini. Bon courage

    Aimé par 1 personne

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