Publié dans Grossesse, Ptitdeuz, Vie de maman en construction

Péridurale or not péridurale ?

Un peu comme pour la question de l’allaitement, je vois régulièrement deux camps s’opposer…celles qui ne comprennent pas qu’on « souhaite » souffrir et celles qui considèrent que le naturel devrait être la norme (et puis comme d’hab les modérées comme moi on les entend moins lol). Oubliant encore et toujours les particularités de chacune et qu’on est dans le même bateau.

Crédits : Emoji Mom

La péridurale, une découverte qui a changé beaucoup de choses

Découverte au 19ème siècle, cette anesthésie qui permet de soulager les contractions est arrivée progressivement dans les années 1940 puis s’est répandue petit à petit après 1960 en Europe. Avant ça donc, on ne se posait pas la question. Savoir si on « voulait » souffrir ou pas ne se posait pas. Pas de polémique donc. Il y avait déjà des postures et techniques de respiration pour tenter de moins souffrir mais évidemment les effets n’étaient pas si radicaux. Toujours est-il que, dès son apparition, la péridurale a déclenché des oppositions. Dangereuse ? Faisant ralentir le travail ? Et surtout pour certain(e)s l’idée que la femme ne faisait plus son boulot correctement. Au final, l’idée que cela dépossède la femme de son envie d’un accouchement naturel (et donc qu’elle doit choisir ce qui lui convient) est une problématique relativement récente.

Sur le plan médical je n’oserai pas faire un paragraphe sur ce que j’en ai appris, je ne suis pas médecin et ne me sens donc pas légitime sur le sujet. Oui il y a parfois des problèmes, rarissimes certes, mais qui peuvent parfois faire peur, je comprends aisément.

Si ça fait mal ? Là on touche déjà au cœur du problème que je développerai plus loin : on est TOUTES différentes. On ne va pas ressentir la pression de la péridurale de la même manière, l’appréhension ne sera pas la même pour toutes (phobiques des aiguilles par exemple ou ayant eu des antécédents traumatisants…) et surtout le contexte dans lequel elle va être faite et par qui jouera également énormément. Donc non, la péridurale ne fait pas mal…mais oui, elle fait mal. Ce que je veux vous faire comprendre c’est que vous ne pouvez pas savoir si ça vous fera mal avant, à moins d’un vrai problème de santé ou d’une sensibilité particulière.

Pour ma part, que ce soit pour fiston comme pour Ptitdeuz, les contractions étaient tellement fortes qu’à côté la péridurale c’était pipi de chat. Ai-je eu aussi de bons anesthésistes ? sûrement. Pour Ptitdeuz elle a été plus désagréable mais ça restait largement supportable. Je n’ai également eu aucun problème par la suite alors que dans mon entourage j’ai connu un cas de suites difficiles. Et surtout, alors qu’on m’avait toujours dis qu’on récupérait difficilement après ça, j’étais debout 2h après les deux fois, sans sensation particulière donc j’en ai un souvenir positif.

Le retour de l’accouchement « naturel »

Effet de mode ou pas, le principal est de s’écouter, on s’en fout que les autres fassent pareil ou pas si c’est ce à quoi on aspire. Les femmes désirent de plus en plus tenter l’accouchement sans péridurale car elles sont plus informées. Plus accompagnées quoi qu’un en dise, même si ce n’est probablement pas encore assez, mais rappelons nous que c’était encore autre chose avant. Il y a cette envie de se connecter à son corps, à son bébé, de vivre cette « capacité » qui nous a été donnée pleinement. Une envie de se dépasser également pour certaines, de se dire qu’on peut y arriver. Un véritable projet auquel on peut se préparer seule, avec des cours spécifiques, de l’hypnose, etc.

Toutes inégales face à la douleur

Pardon mais quand je vois des femmes critiquer le fait de ne pas prendre la péridurale, ou au contraire de la prendre, je me dis vraiment que parfois on cherche la merde là où il n’y en a pas. Et que, également, il y a un manque de connaissances du corps humain. Soyons clairs, nos corps sont totalement différents et leur résistance à la douleur également. Là où certaines ne vont même pas ressentir les contractions jusqu’à un certain point, d’autres vont être au bout de leur vie dilatées à 2. Et pas parce qu’elles sont des chochottes ou ne savent pas gérer, mais parce que leur corps ne supporte pas du tout les choses de la même manière. Là où on arrive à comprendre que l’une soit allergique aux fraises et pas l’autre, nous n’arrivons pas à accepter que l’une soit hypersensible à la douleur et l’autre moins, ce qui me laisse vraiment perplexe.

Rien que dans mon entourage, j’ai une amie qui a accouché deux fois sans péridurale sans ressentir de grosses douleurs et a rigolé jusqu’à la sortie de ses enfants (mais a douillé bien + la troisième fois, comme quoi ça peut changer même pour la même personne…) et d’autres qui ont cru crever dès le début. Alors quand je vois fleurir sur les réseaux des « je l’ai fait donc vous pouvez le faire », certes c’est peut-être pour motiver les troupes, mais ça a surtout le don de faire culpabiliser les femmes qui ne « tiennent » pas jusqu’au bout. Encore une fois, occupez vous de votre corps et de vos sensations et gardez en tête que votre expérience n’est pas celle de la voisine. S’informer ok, se comparer non.

MON expérience

Justement venons-en à ma petite personne. Lors de ma première grossesse, je suis partie du principe que j’étais ignorante de cette forme de douleur, celle des contractions. Pendant des années, j’ai eu des crises atroces dues à des calculs dans la vésicule. J’ai eu l’appendicite. On m’a charcuté pour m’enlever les dents de sagesses, au point que le type est désormais interdit d’exercer. Mais non, cette douleur, on ne peut pas la connaitre avant. Donc je souhaitais éviter la péridurale mais sans me buter non plus.

Pour fiston j’ai perdu les eaux, puis les contractions sont arrivées petit à petit. Ouverte à 2 j’était déjà en grande souffrance mais je voulais tenir bon. Ma motivation c’était justement le dépassement de soi, je voulais me prouver que je pouvais faire sans, moi qui n’ai aucune confiance en moi. Je me disais que si il y avait un moment pour me prouver des choses, c’était là. J’avais fait une playlist avec des musiques de guerrière :). Puis les contractions ne se sont plus arrêtées. Plus aucune pause. Je me souviens avoir commencé à voir flou, à avoir envie de vomir tellement mon corps était broyé par ces contractions rénales. J’ai dis à mon chéri que j’allais crever avant de réclamer la péridurale à cors et à cris. L’anesthésiste a mis 1h à venir, l’heure la plus longue de ma vie sans doute. J’avais tellement mal que mon esprit a réussi à contrôler mon corps pour rester totalement immobile le temps de la pause (malgré les tremblements incessants que j’avais depuis 2h). Parfaitement dosée, c’était à moi d’appuyer sur un bouton pour réinjecter du produit. Pour la poussée ? j’ai tout parfaitement senti, j’ai pu sentir où pousser et comment, mais je sais que ce n’est pas toujours le cas.

Pour Ptitdeuz, malgré cette forte douleur, je me suis là aussi laissé le temps de voir. Aucune décision précoce, je verrais. 10h après le déclenchement, les contractions sont arrivées petit à petit. Douloureuses mais gérables. Puis, alors que la sage femme venait de me confirmer que le tampon faisait enfin effet, j’ai perdu les eaux, libérant ainsi une dose phénoménale d’hormones en plus. Passant de 3 à 8 en quelques dizaines de minutes. Pendant cette progression j’ai supplié qu’on me pose la péridurale. L’anesthésiste est arrivé en 15 minutes pourtant mais cela m’a semblé une éternité. Je voyais tout le monde flou, je n’étais plus qu’une grosse douleur, proche de l’évanouissement. Puis il me l’a posé. Comme la première fois, j’avais tellement mal que ma volonté d’être soulagée m’a permise de rester statique (là encore je tremblais comme une feuille. Parkinson en pire. ça c’est ma nervosité habituelle, j’ai déjà connu ça à de nombreuses occasions…). Au bout de 10 min, rien, aucun soulagement. Après examen, on a vu que j’étais à dilatation complète. La « rapidité » de tout ça n’a pas permis à la péridurale d’agir totalement. Même sur la poussée et les soins après c’était très différent de la première fois car je voyais bien qu’elle ne faisait pas vraiment effet. Alors oui les deux fois je n’ai pas « réussi » à aller jusqu’au bout de mon projet. Pas grave, j’ai suivi mon ressenti du moment, me permettant de vivre sereinement mes deux accouchement, ça me va.

Bilan

Comme d’habitude petit bilan de l’article vu que je sais que beaucoup ne lisent qu’entre les lignes (je critique pas, je fais pareil parfois) : vous n’êtes pas de meilleures ou mauvaises femmes/mamans parce que vous avez accouché avec ou sans péridurale. Tout comme les mamans allaitantes ou biberonnantes. Tout comme celles qui ont accouché par voie basse ou césarienne. Quoi qu’on vous dise, c’est votre aventure, votre vie. Si vous voulez tenter sans péri, foncez. Si vous savez que vous voulez la péri, foncez. Ne gachez pas votre accouchement à vouloir satisfaire untel ou unetelle. La différence sur tous ces sujets avec les générations de nos grand-mères c’est justement qu’on a le choix. Saisissons nous de ce privilège.

Maman en Chantier

10 commentaires sur « Péridurale or not péridurale ? »

  1. Beaucoup critique la péridurale mais heureusement qu’elle est là, malgré que certaines femmes/mamans la critique d’autre l’apprécie. Et je sais de quoi je parle, j’ai eu la péridurale et beaucoup m’ont critiqué.. mais une fois L’accouchement passé ça ne peux qu’aller mieux avec notre bébé dans nos bras. 😊

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  2. Comme tu le dis si bien nous sommes toutes différentes face à la douleur, et en plus, chaque accouchement apporte des douleurs différentes, on ne sait pas comment ça va se passer. Perso je pense avoir une bonne résistance à la douleur, en plus j’ai horreur des médicaments et tout ça (genre si j’ai mal à la tête je prends pas un cachet, je vais faire un tour) donc franchement si je peux, à nouveau, éviter la péri pour mon 3e ce serait nickel. Quand j’ai accouché de mon fils, 4 kgs, sans péri, même pas de gaz à respirer (je sais pas comment on dit en français) parce que ça me donnait envie de vomir, j’ai entendu des « ouaw respect, t’es trop forte » et j’ai pas compris. Parce que j’ai quand même cru que j’allais crever avec ce travail de plus de 24h, je me suis dit qu’il y avait qqch qui n’allait pas chez moi pour que ce soit si long etc. Donc la fierté que j’ai ressentie après l’accouchement, c’était juste une fierté d’avoir mis au monde un petit être, et ça c’est quelque chose que TOUTES les femmes devraient ressentir, quelle que soit la manière dont elles ont accouché…

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  3. Bonjour 😊 merci pour cet article. Effectivement chacun fait ce qu’il veut 🤗. Je suis d’accord avec vous la tolérance à la souffrance n’est pas la même d’une personne à l’autre. Pour en venir à ma petite personne 🙂 ça a toujours été évident (pour moi) que je ne ferai jamais de péridurale. Par contre si il y a bien une chose que je déconseille PAR DESSUS TOUT aux futures mamans c’est de « provoquer  » l’accouchement (sauf raisons vraiment importantes of course ) car je me suis laissée convaincre (alors que ce n’était pas nécessaire -je l’ai su après évidemment ) par ma chère gynéco de provoquer et sans péridurale je peux vous assurer que c’est affreux.

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    1. Bonjour oh ben oui je sais bien 🙈 c’est bien à cause de ça que je n’ai pas tenu la seconde fois. Je pense que j’étais beaucoup plus « prête » à tenir sans péri mais les contractions induites par le déclenchement n’étaient en effet pas du tout les mêmes mon dieu (on m’avait dit mais non mais non ça change rien au moment du déclenchement…puis quand j’ai demandé la péri la sage femme m’a dit « vous savez c’est beaucoup plus douloureux quand c’est provoqué ». Merci lol)

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  4. Les gens qui se permettent de tout critiquer, de donner son avis à tort et à travers sur la vie des autres ça a le précieux don de m’énerver au plus haut point. Chacun fait ce qu’il veut et ce qu’il peut en fonction de son ressenti, de ses capacités, et de ce qu’il veut. Je ne sais pas ce que je ferai car je n’y ai pas encore réfléchi mais ce que je sais c’est que ça sera mon choix et il me conviendra. L’important dans un accouchement c’est que le bébé et la maman soient en bonne santé, le reste c’est du voyeurisme mal placé 🙂
    En tout cas j’ai aimé lire ton article, je n’y connais rien donc ça me permet de m’informer et de pouvoir rester bienveillante envers toutes les femmes et leurs choix 🙂
    Bon week-end à toi et je te fais pleins de bisous et un envoi de très bonnes ondes par rapport à ce que tu as raconté sur Instagram 😘 ❤

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