Publié dans Grossesse, Ptitdeuz

Mon deuxième accouchement

Oui je titre sobre. Rien à enjoliver ou à « marketer », juste un récit de vie. Moi qui adore lire ces histoires je vous livre la mienne ici avec timidité et sans vraiment relire car c’est vraiment LE texte qui, selon moi, peut être brut, imparfait.

15 novembre. Date présumée du terme. Plus d’1 mois et demi qu’on m’assure que, le bébé étant tellement bas, il naîtra forcément en avance « vous devez vous reposer, ça sera un bébé d’octobre c’est quasi certain ». Quasi :P.
Plus la date approche plus j’ai d’énormes douleurs dans le bassin et au bas de l’utérus, chaque fois que je me lève, chaque fois que je m’assoie j’ai presque envie de pleurer. D’ailleurs à chaque déplacement je « craque ». Je fais du ballon, je marche un peu malgré ma difficulté à faire trois pas, mais je sens bien que rien ne bouge. Autant pour fiston je n’avais pas du tout envie que ça se déclenche, au contraire j’aurais aimé prolonger comme je le dis dans la plupart de mes articles. Là, c’est différent, mon corps en a marre. Mais chaque jour qui passe je sens que ce n’est pas le moment, j’ai l’impression même à force qu’il ne sortira jamais. Un peu comme « Un jour sans fin ». Je me dis toujours que c’est peut-être la dernière nuit, la dernière douche, mais en fait il y a toujours une nouvelle nuit, une nouvelle douche.


Le 15 novembre donc, j’ai rendez-vous pour voir si tout va bien. Et tout va bien. Donc on me fixe un nouveau rendez-vous le dimanche, à J+2. Au matin de ce jour, je sens en tout cas que rien ne se passe naturellement. Ou plutôt si, je suis dans mon état normal et bébé n’est pas au programme de la journée. Lors du rendez-vous on me fait les examens habituels et le monitoring…25 minutes où tout se passe bien et on me dit donc que dès que ce sera fini je pourrai rentrer chez moi. Sauf que, quelques minutes avant la fin, le rythme cardiaque de bébé ralenti lors d’une contraction. Le verdict est sans appel « on vous garde on va déclencher vu que le terme est dépassé on ne prend pas de risque ».

Le déclenchement

Celles qui me suivent sur les réseaux le savent, j’avais une peur bleue du déclenchement. J’avais entendu parler des contractions plus fortes que ça provoquait généralement, et puis le côté non naturel, pour moi qui souhaitais encore + de naturel pour ce second accouchement… Je me suis effondrée, j’ai énormément pleuré mais les sage femme m’ont tout bien ré-éxpliqué et je me suis calmé. Elles m’ont donc posé un tampon de propess (en fait une sorte de tige en tissu qu’on met au fond du vagin) qui va ensuite diffuser des hormones pour faire maturer le col. On m’indique que ça met une dizaine d’heure à agir et que donc je vais pouvoir me balader dans le parc de l’hôpital cet après-midi pour faire avancer le travail. Avec le chéri on mange, on va en effet se balader, puis le soir vu qu’il n’y a pas de vraie chambre de disponible (enfin si, une chambre double mais avec mes antécédents de dépression post-partum je suis un peu chouchoutée et ils me mettent prioritaire pour la première chambre qui se libérera le lendemain matin) on rigole, on tente de se reposer, on regarde des vidéos sur nos portables…et les contractions arrivent gentiment. Et s’intensifient petit à petit, je suis contente car ça me laisse le temps de m’habituer, et me donne l’espoir de pouvoir gérer plus longtemps.
Alors qu’elles deviennent plus intenses mais que je gère, je sens un petit bruit. Je me doute de ce que c’est mais je ne dis rien. La sage femme arrive, me demande comment ça va. En bougeant un peu j’en suis désormais sûre, j’ai rompu la poche des eaux, chose qu’elle constate elle aussi assez facilement lol.
Il est minuit quand ça perce. Et là alors que je gérais des contractions pourtant déjà fortes, à minuit 15 je ne gère plus rien. La sage femme m’expliquera après qu’entre la poche des eaux qui perce en libérant un max d’hormones et le tampon qui a dû faire effect quasiment en même temps, ça a fait cocktail explosif. Je demande qu’on m’examine, elle me dit que je suis dilatée à 3… et me dit que c’est super. Pas pour moi, je sens qu’il se passe quelque chose, la douleur est trop forte trop vite. Je demande alors la péridurale, un peu déçue, mais je sens que c’est ce qu’il faut faire. Je précise que pendant tout ce temps je tremble comme si il faisait -40, c’est ma manière de réagir au stress, ça avait été pareil pour fiston. On me demande si je veux des couvertures, si je sens que j’ai de la fièvre, non non au contraire j’ai chaud, mais le stress chez moi, c’est puissance 1000.

Péridurale

Il y a 5 mètres à faire pour aller en salle de naissance. Je m’assoie sur le lit en attendant l’anesthésiste. Les contractions ne me laissent quasiment aucun répit, la sage femme dit à l’anesthésiste que ça va pas être évident vu que les contractions reviennent toutes les 20 sec, moins parfois. Lui, il rentre, se présente mais je n’ai même pas le temps de lui répondre. La nana lui dit que je suis à 3, il semble gentil mais je vois bien qu’il se dit « oh à 3 elle doit pas trop morfler ça va on a le temps ». Entre les contractions et mon Parkinson avancé 😀 il pose la péridurale un peu difficilement mais je souffre tellement que je me concentre à fond pour qu’il puisse la poser. ça me fait un peu mal mais sans +… Puis il me dit allez ça va vite faire effet. Je ne suis plus qu’une grosse boule de douleur, je ne vois plus ni n’entends plus personne. Le chéri revient dans la pièce mais ne représente qu’une masse floue devant mes yeux. J’ai l’impression que mon corps va lâcher tellement j’ai mal. 15 minutes plus tard l’anesthésiste me demande si ça commence à aller mieux, dans un souffle je lâche que non. Je demande à être examinée à nouveau. La sage femme me dit que je suis à 8. De 3 à 8 en environ 30 minutes, donc. Mais je m’en doutais car j’ai l’impression d’être un puits qui s’ouvre d’un coup. C’est pas glamour et ça peut prêter à sourire mais c’est ça…comme si deux personnes se tenaient de chaque côté de mon intimité et tiraient de toutes leurs forces. L’anesthésiste devient d’un coup vachement plus compatissant et me dit que donc, même si elle commence à faire effet, ça va trop vite pour que la péridurale me soulage complètement. Mais heureusement je sens ensuite que ça commence un peu à faire effet même si c’est super léger. 5 minutes après je suis à dilatation complète mais le bébé n’est pas encore totalement descendu dans le bassin…
J’ai alors la sensation que je vais l’expulser comme un boulet de canon lol, je sais que ce n’est qu’une impression mais ça fait un effet vraiment étrange. Je leur explique même que j’ai peur qu’il sorte là maintenant tout seul mais ce n’est qu’une impression. Sauf que les contractions ne sont pas terribles que pour moi, Ptitdeuz commence à souffrir et son rythme cardiaque devient instable. A un moment il passe de 150 à 50 en 2 secondes et on me dit qu’on a plus le choix, qu’il faut pousser efficacement et vite. J’entends la sage femme demander à ce qu’on appelle déjà le médecin en préventif. Dans ma tête j’imagine déjà les cuillères, la ventouse, la césarienne même. Alors je donne tout ce que j’ai, et je sens que les sages femme font le max dans leurs gestes (en tenant la tête de bébé notamment et en la faisant glisser) pour que je n’ai pas de nouvelle épisio si possible…


Puis il débarque, il apparaît mon petit cœur. J’ai des soubresauts de pleurs mais, comme pour son frère, je ne pleure pas. On se connaît déjà. Papa essuie une larme et accepte de couper le cordon cette fois. Ptitdeuz pleure, ne fait que pleurer. Faut dire que la sortie n’a pas du être des moins éprouvantes pour lui.
On me le met sur moi. Pendant ce temps les sages femmes « s’occupent » de moi avec l’expulsion sur placenta tout ça…je leur demande seulement si il y a eu une déchirure, « oui une petite au niveau de la cicatrice de votre première épisiotomie mais c’est très léger ». Tant mieux, mais de ce moment je déconnecte avec elles et me plonge dans le regard de mon fils. Je sens en bas qu’on me recoud, que ça tire, que ça pique sévère, décidément la péridurale n’a pas eu le temps de grand chose. Mais le meilleur des anesthésiants est devant moi, je m’accroche à lui. Je me dis qu’enfin il est là. Comme un flash-back je revois ces mois à attendre que le chéri se décide, puis le jour où il me dit qu’il est prêt, puis le test de grossesse et ainsi de suite. Je sais que c’est la dernière fois que je vis ce moment de dingue. J’imagine mon fils adulte, pour graver encore mieux ce moment de sa naissance. C’était dur, l’accouchement m’a paru violent (pour lui aussi, il ne faisait que dormir ensuite), mais le résultat est tellement magique… Un coup de foudre instantané, puissant, permanent. Et pourtant, je ne savais pas encore à quel point notre lien allait devenir fort dans les jours à venir. Comment a-t-on pu vivre sans lui ?

Maman en Chantier

14 commentaires sur « Mon deuxième accouchement »

  1. Voilà qui me fait penser à mon 2ème accouchement, qui a grosso modo suivi le même chemin, avec en plus une équipe overbookée qui n’a pas pu arriver à temps pour me poser la péridurale…C’était un peu violent^^! Mon 3ème c’est mieux passé ;o)

    Aimé par 1 personne

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