Publié dans Grossesse, Vie de maman en construction

Un nouvel enfant après une dépression post-partum

Après cet enfer dont je vous ai souvent parlé ici, j’ai débarqué un jour chez ma psychiatre en disant qu’on songeait à un deuxième enfant. J’avais peur de sa réaction, de ce qu’elle me dirait, quelque part j’avais peur qu’elle souhaite m’en dissuader. L’arrivée de Ptitdeuz approche et évidemment que j’ai pensé à cette éventualité, cette possibilité que tout recommence.

La dépression post-partum frappe au hasard

Je vous ai déjà expliqué ici comment la dépression post-partum fonctionne, mais si certaines ont besoin d’en discuter ou de plus de précisions, n’hésitez pas à me contacter ici ou via Instagram. Je passe donc le pourquoi du comment pour arriver à ce jour où j’ai demandé, inquiète, à ma psychiatre, si c’était bien raisonnable de faire un autre enfant.

Elle a souri, on a fait le point sur comment je me sentais en ce moment et elle m’a expliqué : « écoutez, des femmes souffrant de DPP j’en reçoit beaucoup dans mon cabinet. Pour certaines, ça leur est tombé dessus au premier bébé, comme vous. Pour d’autres elles ont eu plusieurs enfants sans aucun problème de ce côté-là et pouf ça arrive au 4ème ou au 5ème. Il y a aussi celles qui ont trois enfants et n’en ont fait une que pour celui du milieu. Puis il y a celles qui n’en font jamais ou en font mais n’osent pas consulter mais celles-là évidemment je ne peux pas vous en parler. Les causes sont principalement physiologiques donc enfance difficile ou pas, problèmes actuels ou pas, ça peut arriver à chacune. Donc non vous n’êtes pas condamnée à revivre une deuxième dépression. Et surtout au moindre soucis vous venez me voir ».

Ça m’a apaisé je le reconnais, et puis malgré l’horreur qu’à été cette période, c’est très flou dans ma tête et il y a beaucoup de détails dont je ne me souviens qu’en lisant mes articles sur ce blog ou mon journal intime. Alors quelque part, c’est le passé pour moi et surtout le contexte familial et pro ne sera pas le même, mais ça j’en parlerai plus tard…

Et si ça recommençait ?

Mais évidemment j’ai pensé à cette éventualité. Vu que c’est une roulette russe totale, ça peut recommencer, c’est quelque chose à prendre en compte, c’est un peu comme le type qui vit un enfer en randonnée et qui recommence. La seule chose qui me rassure c’est que désormais, contrairement à il y a 3 ans, je sais quels sont les symptômes possibles et je connais des professionnels de confiance.

Par contre là où je ne suis pas confiante, c’est concernant les proches. A l’époque il y a eu beaucoup d’incompréhension et il a même fallu que ma psychiatre demande au chéri de venir en consultation pour qu’il comprenne…il a alors compris que c’était grave, mais c’est tout. Et ce n’est pas le seul. On ne prend pas la mesure des dépressions post-partum, ni des dépressions tout court. On demande aux gens de « se bouger » ou de « positiver », toutes celles qui sont venues me parler se sont heurtées aux mêmes murs, ces gens qui ne pourront jamais comprendre tant que ça ne leur est pas arrivé. Un peu comme si on disait à quelqu’un de se concentrer pour résorber une tumeur… Cette incompréhension c’était le plus dur et là ce serait encore pire. Parce que, je le sais, je vois bien comment ça se passe, déjà une dépression et on te catalogue dans la partie des gens fragiles qui se plaignent pour un rien. Alors une deuxième je n’ose imaginer, là ça serait carrément un monde de suspicion, une invitation à m’imaginer dans un hôpital psy pour le reste de mes jours. Je sais qu’il serait alors difficile de demander de l’aide autour de moi, donc je me raccroche à elle sur cette idée, cette psychiatre qui m’a quasiment sauvé et, depuis, a aidé 2 proches qui me disaient avant ça que « tous les psy sont des charlatans ». Seulement, s’en sortie sans ses proches, c’est plus dur et ça rallonge les choses.

Osez vous plaindre

Je sais que je suis suivie par de nombreuses mamans qui vivent ou ont vécu ce que j’ai vécu si j’en juge par les recherches et mots clés qui mènent à mon blog. Certaines sont venues me voir il y a un moment (je vous en parlais ici) pour discuter. Et la plupart ont des comptes Instagram où elles sont hyper positives par exemple. Face à leurs proches elles portent un masque et s’écroulent ensuite. Parce que malgré ce qu’ils disent après, du style « mais tu aurais dû m’en parler », ou « on avait rien vu », la plupart ne veulent pas réellement savoir. ça angoisse, ça ramène au fait que ça peut arriver à n’importe qui et on se sent impuissant évidemment. Et quand elles osent en parler, ou juste laisser poindre un peu de mélancolie sur ces plateformes qui parfois les aident (Insta, blog, on s’en fiche, le principal c’est si ça vous aide, car oui ça peut aider je vous assure. Je comprends que ça paraisse con mais à notre époque ça peut être un merveilleux soutien si on tombe sur les bonnes personnes), on leur dit de prendre du recul, de se reposer (avec un bébé qui ne leur laisse même pas 5 min pour prendre une douche, blague) et que ça va passer, souvent avec un pointe de supériorité, comme si on avait la solution miracle mais que la personne y mettait de la mauvaise volonté. Alors oui ça va peut-être passer, c’est difficile de devenir maman par moments, ça peut être juste passager. Mais quand ça passe pas, allez-y, dites-le. Et vous tomberez peut-être sur quelqu’un qui vous donnera les bons conseils. Et si vous êtes dans la position inverse, ne jugez pas cette personne, ne lui dites pas que ça va passer parce que si elle se bat depuis des mois ça sera pire. Dites juste que vous êtes là pour elle, point. Parce que je vous assure, savoir que (réellement) on a quelqu’un à contacter H24, juste pour parler, juste pour nous écouter, ça peut tout changer. On ne guérit pas d’une DPP en 5 min et il y a autant de dépression que de malades, donc aucune constance (oui on peut rejeter son bébé pendant cette période, ou au contraire s’y accrocher et refuser de s’en séparer comme ça a été mon cas. Aucun des cas de figures ne fait de vous une mauvaise personne).

Oui j’ai vécu une grosse dépression post-partum, oui j’en suis sortie, et oui j’attend mon bébé avec sérénité. Oui c’est possible et oui même si il y a cette petite peur dans un coin de ma tête, j’ai hâte de voir ce que l’avenir nous réserve ;).

Maman en Chantier

12 commentaires sur « Un nouvel enfant après une dépression post-partum »

  1. Je pense aussi qu’avoir déjà vécu ça serait une force, si jamais tu devais reprendre ce chemin…Justement parce que tu sais qu’il faut extérioriser, et que tes proches savent – même de loin – que tu en as déjà souffert, ils seront donc plus enclins à comprendre (même si ce n’est pas assez). Je te souhaite quand même de tout coeur que ça n’arrive pas de nouveau!

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    1. Merci beaucoup je pense en effet clairement que ça me permettrais de tirer la sonnette d’alarme même si ce sont des périodes où on a beaucoup de mal à être lucide. Mais clairement maintenant ce que j’essaie au + c’est d’aider celles qui vivent ça parce que je sais à quel point on se sent incomprises dans ces moments.

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  2. C’est intéressant comme article ! C’est rempli de bienveillance et ça fait plaisir à lire 🙂 Oui j’aime lire ce que tu y racontes et je pense que ça doit rassurer des mamans qui vivent ça, de se dire qu’elles ne sont pas seules et que malgré l’incompréhension des proches ça va aller si on a quelqu’un qui nous écoute 🙂

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    1. Merci c’est ce que je voulais faire passer car c’est à cette époque que je suis devenue + assidue aux réseaux et à mon blog parce que jy croisais des gens qui ne me connaissaient pas donc maidaient sans jugement. Alors si maintenant je peux apporter la même chose à mon tour…c’est bien plus rassurant de parler à quelqun qui a vécu la même chose

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  3. Heureusement, je n’ai pas fait de dépression post partum, et ce doit être l’enfer, je comprends tout à fait. Alors que j’avais une vingtaine d’années, j’ai vécu une dépression « classique », où j’ai perdu une dizaine de kilos et où tout ce qui me maintenait en vie, c’était mes études, à part ça je ne faisais rien de ce qui me plaisait avant. Je me suis soignée, avec une psychanalyste (oulà, gros mot !) qui n’était pas un charlatan mais bien sûr, au moment d’accueillir mon premier enfant, je me suis demandée si cette période sombre n’allait pas me retomber dessus. Encore aujourd’hui, j’ai peur, et j’ai peur aussi de transmettre ça à mes enfants. Mais je tiens bon, j’y pense rarement en fait, à cette période, comme à quelque chose de lointain. Ce qui arrive ne revient pas forcément. Je suis sûre que tout ira bien pour toi 🙂

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    1. C’est exactement ça la dépression, se maintenir en vie et c’est tout…cetait pareil yavait mon fils qui dans l’idée me maintenait à flot vu que je ne l’ai jamais rejeté au contraire, mais sinon je ne ressentais plus aucun plaisir même dans les odeurs ou gustativement. Du coup c’est l’inverse de toi j’ai repris du poids alors que j’avais perdu mes kilos de grossesse parce que j’étais ek quête de sensations. Donc je mangeais en quantité tout ce que j’aimais de base dans le but de ressentir quelque chose. En tout cas merci bcp pour ton commentaire et en effet faut y penser comme à quelque chose qui fait partie de nous mais qui est loin 😘

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  4. Hello ! Ton article est super, je trouve que c’est vraiment un sujet important dont il ne faut pas avoir honte de parler (plus facile à dire qu’à faire je sais!). Perso je ne suis pas maman mais j’ai connu des amies qui ont subit un DPP et qui ne voulaient pas se faire aider… C’est pour ça que c’est bien d’encourager les femmes et de libérer la paroles 🙂

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  5. Je te trouve très courageuse d’oser en parler sans honte ! Bravo à toi !
    Les gens ne comprennent pas que chaque maman peux être différente.
    Je te souhaite une belle aventure et je suis certaine que ce que tu as vécu sera une force pour ptitdeuz.

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