Publié dans Vie de maman en construction

Si et seulement si…vais-je franchir le pas de l’écriture ?

Si tu me suis sur Instagram, tu sais que je parle souvent de nouveaux projets. J’ai retourné la chose dans ma tête, mais tout n’est pas encore clair. Je suis journaliste de formation et désormais vendeuse par nécessité. Mais ce qui m’a amené vers le journalisme c’est une passion première qui remonte à bien longtemps. Écrire. Non pas écrire par obligation, mais par besoin. 

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L’année 2017 a été difficile, j’en ai beaucoup parlé ici. Petit à petit je remonte la pente, je reconstruis le fil de ma vie, le fil de mes pensées et aussi de mes envies. Ce qui explique que je me sois levée cette nuit à 1h45 pour écrire cet article. Parce que ce que j’ai à raconter, même si ce ne sera pas forcément plus intéressant pour vous, compte encore plus pour moi probablement, que j’ai davantage besoin de l’exprimer.

Depuis que je sais écrire j’ai toujours aimé ça. Combien de dissertations ai-je pris plaisir à écrire toute une nuit…combien de nouvelles et de débuts de romans sont entassés dans mes tiroirs. La période la plus prolifique a bien sûr été mon adolescence. J’ai gagné des prix grâce à des poèmes, à des nouvelles, à des synopsis, j’ai mené des correspondances avec deux de mes écrivains favoris, dont l’une perdure toujours actuellement. Puis lentement, avec le temps, les obligations, les douleurs, cette envie viscérale s’en est allée, du moins elle est entrée en sommeil profond.

Celle qui prend aux tripes, cette urgence, cette bulle dans laquelle je pouvais m’enfermer pendant des heures, avec ou sans musique, et qui me plongeait dans un univers dont je ressortais complètement chamboulée, mais si satisfaite. 

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Pourtant, j’ai continué à tenir mon journal, à écrire quelques débuts d’histoires, mais rien de concret. Et puis il y a les obstacles…dieu qu’ils sont nombreux.

Il y a le manque de temps. Entre la vie de maman, le travail, la cuisine, la vie de couple et j’en passe, difficile de libérer du temps pour écrire. Je ne parle pas de petites notes qu’on peut faire sur un coin de table ou avant de se coucher. Chacun est différent, mais dans mon cas il me faut de l’isolement, la certitude de ne pas être dérangée pendant un certain laps de temps. Et puis chacun sait que les idées viennent souvent quand on s’y attend le moins. En balade, au boulot, en soirée, car c’est la vie qui construit nos histoires. D’où l’utilité d’un carnet, ou de la fonction dictaphone (en tant que vendeuse cela ne va pas être facile…).

Il y a les proches qui ne comprennent pas forcément. Déjà qu’ils ont du mal avec le blog, alors avec quelque chose de plus poussé…Pourquoi passer tant de temps sur l’ordinateur, isolée ? Allez viens te coucher (vécu, donc imaginez si j’y passe des heures comme à l’époque) Et ça raconte quoi ? Et à quoi ça va servir ? Autant de questions auxquelles je n’ai aucune envie de répondre. Contrairement au blog il ne s’agit pas d’un acte public, du moins pas avant le point final.

Il y a moi surtout. Je suis la première à me demander à quoi cela va servir. Au-delà du plaisir d’écrire, le besoin impétueux de raconter amène à se poser la question de la publication. Question qui apporte elle-même un florilège de doutes : suis-je seulement capable de construire un roman ? une simple nouvelle ? cela n’intéressera jamais personne…quel thème dois-je aborder ou éviter ? Nous sommes toujours nos premiers ennemis dans ce genre de domaine.

Pourtant, depuis que j’ai terminé D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan, j’ai retrouvé cet enthousiasme. Il y a des livres comme ça qui ont le don de faire un déclic. L’intrigue en elle-même ne m’a pas plus transporté que ça, mais j’ai retrouvé dans les interrogations du personnage (Delphine de Vigan elle-même, en quelques sortes) mes propres délires, mes empêchements et mes questionnements, bien qu’elle aille beaucoup plus loin que moi et c’est bien normal vu que je ne suis pas écrivain. C’est bien cela l’angoisse : puis-je être écrivain ? ai-je les capacités ? peut-on être écrivain sans être publié ? Dois-je écrire dans la perspective d’envoyer le manuscrit à des maisons d’édition ou dois-je me dire qu’on verra ça à la fin ? l’intention créatrice peut en être chamboulée négativement comme positivement, mais comment savoir à l’avance ?

Je ne sais pas trop dans quel ordre je vais pouvoir mener à bien ce projet, notamment vu le peu de disponibilité que j’ai à lui consacrer, mais je sens que c’est là, que je dois prendre ce chemin et voir où il me mène. Se laisser porter, voilà probablement la meilleure chose à faire, mais difficile pour quelqu’un comme moi qui a bien du mal à lâcher prise.

Sur ce, je vous laisse avec ce pavé totalement décousu pour tenter de dormir et de calmer cette excitation littéraire. Je reviens aussi bientôt avec un nouveau projet personnel (rien de professionnel, ça concerne plutôt mon mode de vie) car je pense que j’aurai bien besoin d’encouragements 😉

Maman en Chantier

 

19 commentaires sur « Si et seulement si…vais-je franchir le pas de l’écriture ? »

  1. je comprends tout à fait ton questionnement, il me parle particulièrement car c’est une question que je me pose aussi. Pas sous les mêmes termes, car au delà des considérations logistiques c’est surtout pour moi un dilemme de créativité – aurais je une histoire suffisamment forte, et une écriture suffisamment belle? C’est un processus de très longue haleine je crois…

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    1. c’est clair…perso là je sens que j’ai le feu comme on dit lol mais je me demande toujours si je tiendrai la distance…l’histoire je l’ai, elle est évidente pour moi, mais je me demande par exemple si ce sera pas trop prétentieux, si ça ne blessera pas mes proches de penser que, peut-être, c’est autobiographique…trop de questions. et finalement je me demande si les écrivains qui ont écrit des livres forts et ultra personnels se sont posé autant de questions. probablement que oui hein, mais comment ils ont sauté le pas, ça ça m’intéresse.

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  2. Très joli article qui me parle : j’ai les mêmes questionnements depuis longtemps. Je ne compte plus le nombre de débuts qui n’ont pas trouvé de fins….. L’envie est là, les interrogations que tu te poses je les ai exprimées mais je n’ai pas toujours les réponses. Mais je pense très profondément qu’il faut suivre son instinct ses envies. Un jour ou l’autre tu devras franchir le pas car cela deviendra presque vital. Publiée ou non ….. quelle importance au final. C’est pour toi principalement que tu le fais, pour mettre en mots une partie de toi….. Le regard des autres a peu d’importance, cela peut rester également un jardin secret…… Chacun trouve son chemin, qu’importe les remarques si toi tu y trouves ce que tu cherches….. A bientôt

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    1. Dans le fond tu as raison mais je crois qu’il y a une dimension de partage que j’aurais envie d’explorer. Surtout que mon idée de livre est très…. »préventif » si on veut. Peut être l’envie (probablement vaine) d’essayer d’aider autrui en livrant mon histoire…

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  3. Ravie de te relire 😉 Nous avions déjà des points communs sur nos expériences professionnelles difficiles … mais cet article me parle également beaucoup : l’écriture a toujours été aussi pour moi un « refuge » à l’adolescence mais par manque de temps depuis plusieurs années (les enfants …), un peu laissé de côté. Alors comment faire pour trouver ce temps et écrire « pour de vrai » ? Allez il faut toutes se lancer, un élan collectif pourrait nous motiver ! ;-))

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  4. Coucou ! Je te souhaites bon courage, je comprends tout à fait ce que tu ressens, je crois que je suis actuellement en train de passer par là. N’abandonne pas, le goût pour l’écriture est pour moi un don qui t’ait été donné et ce serait dommage de le gaspiller. 🙂

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  5. Je comprends tellement ce sentiment ! Je comprends comme les tripes nous brûlent tant d’écrire qu’on se lève en pleine nuit pour coucher sur papier nos angoisses. Mon blog est né d’une de ces nuits de doute. Le plaisir d’écrire, voilà ce à quoi il ne faut pas renoncer, autrement on se sent incomplet.

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